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Frédéric Wandelère, Fribourg - Switzerland

Était-ce un événement ? l’affaire avait-elle une quelconque importance ? toujours est-il quela télé romande s’était figuré, il y a quelques années, qu’il fallait diffuser les déclarations d’un artiste genevois qui arrêtait la peinture : « fini la barbouille ! » Ce personnage aussihabile qu’avantageux savait faire parler de lui et occuper les places en vue. L’opportunismeet la complaisance se donnaient la main, comme on le voit souvent. Beaucoup plus discret,et je dirais même à l’autre pôle de la conscience de soi, Marc Monteleone a parcouru, pourlui-même, pinceau à la main, l’histoire de la barbouille, non dans le projet d’en proclamer lafin, mais dans celui de montrer son inépuisable fécondité.

Si je reprends la distinction de Liotard (le peintre, pas le philosophe !) qui opposait lefini au touché, je dirais que Monteleone est passé d’un certain fini qu’on nommera peut-êtrele soin, l’application, caractérisant ses premiers tableaux, à des œuvres plus touchées. En raccourci, la trajectoire de l’artiste, s’appuyant sur le métier, a gagné en spontanéité.

De la figuration progressivement marquée par des éléments géométriques commel’architecture actuelle en produit partout des exemples, Marc Monteleone est passé à une non-figuration soutenue par des structures relativement libres, et un pinceau, un geste pictural plus vif, plus aventureux aussi. En peinture comme en toute création l’invention chemine avec l’aventure. Entre eux, les précédant, les suivant, papillonne ce que nousappelons, avec Monteleone, « le risque », en quoi réside le sens de l’art.

Frédéric Wandelère